Des services de qualit? pour les femmes et filles survivantes de violence

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La violence ? l’?gard des femmes et des filles est tr?s r?pandue. Elle persiste parce que les in?galit?s entre les sexes sont ancr?es dans la soci?t? et nous devons tous travailler pour les r?duire. La Journ?e internationale pour l’?limination de la violence faite aux femmes et aux filles et les 16 jours d’activisme lanc?s ? travers le monde du 25 novembre au 10 d?cembre nous permettent de mettre un projecteur sur ces violences et sur les solutions les plus efficaces.

En Ha?ti, une femme ou fille sur trois a subi une forme de violence quelconque depuis l’?ge de 15 ans, et les filles sont plus affect?es par certains types de violence. Les jeunes de 15 ? 19 ans ?prouvent la plus haute pr?valence de violence conjugale (47%) et de la violence physique subie durant la grossesse (12%). Plus de huit enfants de 1 ? 14 ans sur 10 ont subi une discipline violente de la part des parents ou gardiens d’enfants. Un r?cent rapport des Nations Unies sur les violences sexuelles perp?tr?es par les gangs en Ha?ti r?v?le que de jeunes enfants de 10 ans, mais aussi des femmes ?g?es, ont fait l’objet de viols collectifs.

Les crises socio-?conomiques et politiques, les catastrophes naturelles, la violence g?n?r?e par les groupes arm?s et l’ins?curit? que vit le pays ces derni?res ann?es exacerbent les in?galit?s entre les sexes et intensifient consid?rablement toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles, y compris le mariage pr?coce et forc?, l’exploitation domestique et sexuelle, la violence familiale, les agressions sexuelles et le recrutement d’enfants par les groupes arm?s. Ces crises perturbent ?galement les services essentiels dont ont besoin les femmes et les filles pour se remettre de la violence.

Les services essentiels sont l’ensemble des services que les secteurs de la sant?, les services sociaux, la police et le syst?me judicaire sont tenus de fournir pour toutes les femmes et les filles qui ont subi des violences. Les services essentiels de qualit? permettent de r?pondre aux besoins, ? court et ? long terme, des femmes et filles survivantes de violence, en vue de leur apporter le soutien n?cessaire ? leur bien-?tre, leur sant?, leur s?curit? et leur r?tablissement. Ils peuvent aussi r?duire les pertes subies par les femmes, les familles et les communaut?s en termes de productivit?, de r?ussite scolaire, de politiques publiques et de budgets, et contribuer ? briser le cycle r?current de la violence. Ces services sont de qualit? dans la mesure o? ils sont fournis selon une approche fond?e sur les droits humains et centr?s sur la victime, sont appropri?s ? l’?ge et ? la culture, sont accessibles aux personnes vivant avec un handicap et aux communaut?s ?loign?es tout en assurant la s?curit? et la confidentialit?, et sont orient?s vers la reconnaissance de la responsabilit? des agresseurs, et sont coordonn?s entre eux.

Lorsqu’ils b?n?ficient d’une coordination m?me minimale, ces services peuvent aider ? r?pondre aux besoins imm?diats des femmes et filles survivantes de violences dans leurs formes les plus communes, comme la violence sexuelle et domestique, dans des contextes et circonstances multiples.

En Ha?ti, malgr? quelques progr?s observ?s dans la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles et dans l’acc?s aux services essentiels et de qualit?, trop de femmes, jusqu’? pr?sent, n’ont pas acc?s ? ces services qui sont primordiaux pour leur protection, leur s?curit?, et particuli?rement leur sant? et leur r?cup?ration. En outre, m?me lorsque ces services existent, la prise en charge des survivant(e)s de violence est rendu difficile par le manque de financement durable, d’effectifs form?s et de normes de qualit?.

Le nombre de personnes recherchant une aide quelconque aupr?s de la police, apr?s avoir ?t? objet de violence, reste tr?s limit? (11%) et seul 1,3% d’entre elles cherche assistance aupr?s d’un m?decin. Cela s’explique par de nombreux facteurs tels que la honte d’avoir ?t? viol?(e), la peur de la stigmatisation ou des repr?sailles, le co?t ?lev? des services ou encore le manque d’information sur les services disponibles, et la mani?re d’y acc?der. Ces ?l?ments constituent un v?ritable frein ? une prise en charge ad?quate des femmes et filles survivantes de violence.

Faciliter l’acc?s des femmes et filles aux services de qualit? tels que des soins de sant?, un support psychologique et judiciaire, ainsi qu’? un lieu de s?curit? r?pondant ? leurs besoins et leur condition compte tenu de l’?ge, de l’?tat physique de la personne vivant avec un handicap par exemple, contribueront, ? coup s?r, ? r?duire les effets de la violence, et participeront au processus de r?tablissement des survivantes.

? travers le programme de lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles de l’Initiative Spotlight, mis en oeuvre depuis 2020 avec un financement de l’Union europ?enne, l’UNICEF et ses partenaires, contribuent ? fournir des services de qualit? aux survivantes de violences, particuli?rement aux femmes et aux filles les plus vuln?rables, en offrant un paquet d’assistance holistique comprenant: le signalement des cas ? travers des lignes d’?coute, le suivi m?dical, l’appui psychosocial, l’accueil, l’h?bergement ainsi que la r?insertion sociale et scolaire.

En plus l’UNICEF contribue ?galement ? :

Offrir un refuge et un espace s?r avec la possibilit? de recevoir parfois un membre de leur famille.

Proposer des formations en microfinance aux adultes ou aux parents des mineures.

Offrir un soutien financier aux adultes ou aux parents des mineures, et payer les frais de scolarit? de l’enfant survivant(e) de violence, et des autres enfants de la famille.

Offrir ? la survivante la possibilit? d’?tre d?localis?e ? tout moment vers un lieu plus s?r pour mieux renforcer sa r?silience.

Les progr?s r?alis?s dans le cadre de l’Initiative Spotlight

L’acc?s des survivantes ? la justice est ?galement facilit?. En 2022, 50% des cas de violence contre les femmes et les filles signal?s ont ?t? rapport?s ? la police et devant les tribunaux, en vue d’?ventuelles poursuites judiciaires.

Par ailleurs, l’UNICEF apporte son soutien aux pouvoirs publics en appuyant l’op?rationnalisation des lignes d’?coute pour permettre aux femmes et aux filles de signaler les abus dont elles ont ?t? l’objet, et d’avoir acc?s ? des informations et des conseils sur les services disponibles.

Pour l’UNICEF, si les survivantes ont acc?s en toute s?curit? ? un soutien psychosocial de qualit? adapt? ? leurs besoins, cela aiderait ? leur r?tablissement, ? leur autonomisation et leur rel?vement. ? cet effet, soutenir l’acc?s des femmes et des adolescentes aux ressources ?conomiques et ? leur contr?le par le biais d’activit?s g?n?ratrices de revenus et de mutuelles de solidarit? permettra de renforcer la r?silience, de r?duire la vuln?rabilit?, d’att?nuer les risques de violence qu’elles subissent, de contribuer ? veiller ? la satisfaction des besoins des femmes, des filles et des membres de leur famille, et de faire ?voluer les normes sociales et de genre n?gatives qui astreignent les femmes ? la sph?re domestique.

Dans ce contexte, l’UNICEF et le Spotlight en Ha?ti tiennent ? lancer un appel ? l’action ? quatre niveaux :

Premi?rement, nous faisons appel ? l’?tat et aux partenaires ? accro?tre le budget public et l’aide au d?veloppement visant les services essentiels pour les survivantes de violence, permettant de les financer de mani?re durable et d’augmenter la quantit? et la qualit? de ces services. Ceci est particuli?rement critique pour faire face ? l’augmentation alarmante de cas de violences sexuelles.

Deuxi?mement, nous en appelons aux partenaires de renforcer le soutien aux prestataires de services publics pour le fonctionnement des lignes d’?coute de la police, de l’Institut du Bien- ?tre Social et de Recherches (IBESR) et du Minist?re ? la Condition F?minine et aux Droits des Femmes (MCFDF). Dans ce contexte de peyi l?k, cet acc?s t?l?phonique constitue une corde de vie pour les survivantes.

Troisi?mement, nous invitons toutes les parties prenantes ? redoubler leur appui aux prestataires de services essentiels, avec un accent particulier sur la conformit? aux normes internationales de qualit? et d’accessibilit? des services m?dicaux, psychosociaux et d’h?bergement s?r, et la capacit? de la police et de la justice ? reconnaitre la responsabilit? des auteurs et rendre justice et r?paration aux survivantes, y compris les mineures.

Finalement, nous encourageons le gouvernement et les partenaires ? inclure dans leur soutien des initiatives visant la pr?vention de la violence et la r?insertion socio?conomique des femmes, souvent absentes des services offerts. Soutenir l’acc?s des femmes et des adolescentes aux ressources ?conomiques par le biais d’appui financier d’urgence, d’activit?s g?n?ratrices de revenus, d’employabilit? et de mutuelles de solidarit?, permettra de renforcer la r?silience, de r?duire la vuln?rabilit?, et d’att?nuer les risques de violence exerc?e ? l’encontre des femmes et des filles.

L’UNICEF et les agences oeuvrant dans l’Initiative Spotlight que sont PNUD, UNFPA et ONU Femmes renouvellent leur engagement ? mettre fin ? la violence faite aux femmes et aux filles, et continueront ? travailler en ?troite collaboration avec les partenaires publics et la soci?t? civile pour y arriver.

Toutes les femmes et les filles survivantes de violence ont droit ? des services de prise en charge de qualit?, et rien de moins !

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